samedi 22 novembre 2008

J'irai dormir à Hollywood


Antoine de Maximy est un personnage bien singulier qui a un principe : aller chez les gens, dormir chez eux, pour les découvrir. Il n'est accompagné dans ses aventures que par trois caméras : deux mini-caméras conceptuels attaché ne le quittent jamais, et une troisième portative vient compléter l tout.

Après avoir parcouru le monde pour sa série "J'irai dormir chez vous", il se lance dans un défi un peu fou : traverser les Etats-Unis d'Est en Ouest pour aller dormir chez une star de cinéma. Mais son voyage est avant tout fait pour rencontrer les américains "moyens" dans leur quotidien ; de là naît tout l'intérêt de ce J'irai dormir à Hollywood. Car en chemin, Antoine de Maximy va découvrir ce qui fait l'Amérique, de Central Park à Hollywood, en passant par la Nouvelle-Orléans et les réserves indiennes.

Antoine de Maximy a le défaut (ou la qualité c'est selon) d'être culotté, ce qui lui fait rencontrer des personnages toujours plus étonnants, des quasi-centenaires s'étirant à Central Park, aux Mormons dont les traditions font qu'ils vivent sans eau courante ni électricité, sans oublier les noirs des quartiers sensibles.

Mais l'approche d'Antoine de Maximy fait que les gens se révèlent tels qu'ils sont : sympathiques, drôles, et souvent émouvant. Car le film fait facilement passer du rire au larme lorsque les protagonistes se livrent à cœur ouvert à ce singulier personnage affublés de caméras. Il en résulte une oeuvre passionnante sur le vrai visage de l'Amérique. Une réussite.

Two Lovers


A peine un an après son chef-d'oeuvre La nuit nous appartient, James Gray revient avec un film au scénario qui à priori possède tout pour repousser celles et ceux qui se sont extasiés quelques mois plus tôt devant la maestria du réalisateur sur son dernier film.

En effet, Two Lovers n'est ni plus ni moin qu'une banale histoire d'un triangle amoureux. Mais, au lieu de nous offrir un énième film sentimental sans intérêt, James Gray propose plutôt une épure magnifique du film sentimental.

Le personnage principal, somptueusement campé par Joaquin Phoenix est un homme à la personnalité finalement complexe, car souffrant de troubles bipolaires. Nous suivons ses aventures avec deux femmes : l'une de bonne famille et "approuvée" par ses parents, et l'autre un peu "barge".

Le talent de James Gray est d'avoir su proposer un film à la réalisation solide du début à la fin, distillant des moments intimes qui sonnent profondément juste là où la majorité des comédies sentimentales sonnent fausses et surannées, dans des instants de grâce, souvent à moitié dans l'ombre;dans des instants où les personnages sont seuls faces à eux-mêmes et révèlent l'étendue de leur complexité et de leur bauté, de leur touchante et profonde humanité en quelque sorte.

Two Lovers n'est donc pas un film mineur comme il était à craindre mais une pierre importante dans l'édifice que façonne James Gray film après film dans le paysage cinématographique américain actuel.

mardi 18 novembre 2008

Sweeney Todd


Après plusieurs films dans lesquels Tim Burton avait apposé moins de noirceur que ses précédentes oeuvres, et même, avec Big Fish ou Charlie et la Chocolaterie, il s'était aventuré sur le terrain du film familial. Mais ce temps est révolu car Tim Burton, avec le concours de son fidèle acolyte Johnny Depp, retrouve la noirceur de ses débuts et signe un de ses meilleurs films en adaptant la comédie musicale culte Sweeney Todd : The Demon barber of Fleet Street.

Sweeney Todd raconte l'histoire d'un homme dont la femme a été assassinée et qui revient pour se venger dans la ville de Londres plusieurs années après. Il se fera barbier bien singulier. Ce barbier, c'est un Johnny Depp au meilleur de sa forme et de son talent qui l'incarne. Les chansons de la comédie musicale ont été entièrement reprise et chantées par l'ensemble du casting, avec plus ou moins de bonheur (Mmme Burton possédant des talents de chanteuse limités bien qu'elle interprète certaines dès plus mémorables, dont le réjouissant "The worst pies in London").

Plus qu'un retour à la noirceur, c'est un retour au talent qu'effectue Tim Burton, tant Sweeney Todd est maîtrisé visuellement à la quasi-perfection (on omettra sciemment une séquence d'ouverture aux effets numériques douteux), et qui culmine sur un final qui s'impose comme peut-être le plus beau et marquant de sa carrière.

Quatorze ans après son dernier grand film (Ed Wood), Tim Burton prouve qu'il est encore à compter parmi les plus grands réalisateurs de sa génération, et qu'il n'est pas prêt de cesser de nous offrir des diamants noirs du carat de ce Sweeney Todd qui restera comme un des meilleurs films de 2008.

lundi 17 novembre 2008

Kung Fu Panda


S'il est une évidence dans le milieu de l'animation c'est que le studio Pixar domine et que Dreamworks suit tant bien qua mal derrière avec des restes plus ou moins visibles. Heureusement, Kung Fu Panda se révèle comme le meilleur film issu du studio Dreamworks, et surtout est un excellent divertissement.

Ce qui gêne le plus chez Dreamworks c'est sa propension à céder à l'humour trop enfantin, avec des gags à bases de personnes reçevant des coups ou carrément de l'humour pipi-caca bien embarrassant dès qu'on a passé 10 ans. Kung Fu Panda n'échappe malheureusement pas à la règle et possède un peu de cet humour (surtout dans la première partie).

La surprise de Kung Fu Panda vient de ce que les créateurs du film ont voulu faire un vrai film en hommage aux fimls de kung-fu (les séquence en incluant sont toutes réussies et jouissives). Une fois passée une première demi-heure assez médiocre on se retrouve avec quelques scènes impressionnante et même une dernière demi-heure qui ne ferait pas pâle figure dans le corpus Pixar.

Si le film est encore loin d'atteindre le niveau des productions du studio à la lampe, Dreamworks démontre avec Kung Fu Panda qu'il sont capable de faire des films de qualités, quand des oeuvres telles que Gang de requins laissaient présager du pire.

Stella


Stella est un film racontant la première année d'une jeune fille dans un collège, loin de ses milieu, des rencontres qu'elle va faire, des émotions qu'elle va ressentir, de tout ce qui va la faire grandir.

Bien que le film se déroule dans les années 70, les velléités de la réalisatrice Sylvie Verheyde sont de dresser un portrait exhaustif de ce qui peut se passer dans la vie d'une jeune fille à la sortie de l'enfance et à la porte de l'adolescence, tout en donnant un aperçu amer de la vie d'adulte à travers ses parents et sa grand-mère.

Malgré la relative justesse du scénario et une jeune actrice principale qui,on le sent, s'est donnée pour rentrer dans la peau de Stella, on peine à vramient adhérer au film tant il ne suit aucune trame vraiment définie et empêche ainsi de retenir l'attention ; il s'agit au final plus d'une suite d'événements que d'un tout, à cause du manque d'unité du montage.

Premier film cependant agréable et plutôt émouvant, en espérant trouver plus de rigueur dans les prochains films de la jeune réalisatrice prometteuse mais manquant, cela se comprend aisément, de maturité pour avoir une meilleure vue d'ensemble d'un film et pas comme une oeuvre composée de partie indépendantes.

dimanche 16 novembre 2008

La Bande à Baader


La Bande à Baader se veut un tableau exhaustif d'un groupe terroriste qui a sévit en Allemagne dans les années 60 et 70. La longueur du film s'en trouve excessive d'autant que le montage n'aide pas à capter l'attention du spectateur jusqu'à la dernière minute.

Pour autant, le film est une réussite tant par le jeu d'un panel d'acteurs et d'actrices formidables de vérité, que par la réalisation nerveuse entrecoupée d'images d'archives qui donne un ton âpre au film, tellement que la violence en est parfois difficilement soutenable.

La Bande à Baader possède une réelle portée politique par la dénonciation de ce qui a permis aux terroristes d'avoir une réel importance dans l'Allemagne. Le film prend le parti de suivre les terroristes, on assiste ainsi à l'engrenage de violence dans lequel se plonge eux-même les protagonistes jusqu'à une fin tragique.

Enfin, le film est un véritable message d'alerte contre le terrorisme qui est le plus important conflit mondial actuel, tant il fait état de la facilité avec laquelle un groupe terroriste peut mener ses actions, la fameuse bande ayant parvenu à faire en sorte que leur action continue malgré leur emprisonnement et jusqu'à leur fin.

vendredi 14 novembre 2008

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal


Voilà Indy de retour alors qu'on le croyait en retraite, lui qui a bercé tous les bambins cinéphiles ou non depuis son apparition au début des années 80. Les tribulations d'Indiana Jones continuent de faire le bonheur des petits et des grands.

Alors qu'en est-il de ce quatrième opus attendu au tournant après vingt années d'absence et alors que le style de Spielberg s'est modifié et qu'il est dans une fibre plus réaliste? Et bien malheureusement l'attente ne valait pas la chandelle car si la première séquence jouissive fait illusion, la suite est bien loin de ce qu'on pouvait espérer.

En effet, le vieillissement de Jones en soit n'est pas un frein au film, mais Spielberg, et Lucas (en partie scénariste) ont voulu trop en faire dans le déluge numérique. Dès que le film essaye de développer un tant soit peu ses personnages il réussit relativement bien, si les scènes d'action ne comportent pas trop d'effets spéciaux ça passe ; mais dès que les trucages s'en mêlent on regrette âprement les anciens opus tant les effets spéciaux enlaidissent le film et sont parfois prétextes à des retournement de l'intrigue hautement grotesque.

Film tout juste acceptable alors que l'on aurait voulu retrouver la magie de notre enfance, cette musique que l'on se surprend de temps à autre à fredonner (Williams étant aussi en petite forme dans ce Royaume du crâne de cristal), on récupère les miettes et on ressort de la salle avec juste l'envie de passer à autre chose. Dommage!